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Sujet : La justice a-t-elle besoin d'institutions?

Extrait du corrigé : Est-elle exclusivement fonction de la décision et de la volonté des hommes de telle sorte qu'elle n'est rien d'autre qu'une convention ?   b)     la justice est sentie, éprouvée Lorsque pour un même travail, deux individus perçoivent un salaire différent ou quand un homme est emprisonné pour une faute qu'il n'a pas commise, nous éprouvons de l'indignation face à ces situations que nous n'hésitons pas à qualifier intuitivement d'injuste, et cela, avant même d'opérer le moindre raisonnement ; nous sommes choqués et traduisons ce sentiment en arguant que « ce n'est pas juste ». Ainsi on peut facilement poser que notre aspiration à la justice est essentiellement motivée par ce sentiment d'injustice. Ainsi la justice n'aurait pas besoin d'institutions dans la mesure où elle est d'abord sentie, elle est, selon les mots de Rousseau, « une affection de l'âme éclairée par la raison […], un progrès ordonné de nos affections primitives ». En effet, l'amour de soi et la pitié sont, selon l'auteur de l'Emile, les deux sources du sentiment de justice. Naturellement, l'homme est d'abord enclins à se conserver mais aussi à prendre part aux souffrances d'autrui : la pitié est le sentiment de l'amour de soi étendu aux autres et cette extension donne lieu à la justice. Or pour que l'homme opère une telle généralisation (sans laquelle, la pitié est seulement faiblesse et non pas une vertu), il faut l'éduquer.   Transition : -          Ce dont la justice a besoin, en tant qu'elle relève du sentiment primitif qu'est la pitié, c'est de l'amour du genre humain : pour mener à la justice, la pitié doit s'élargir en vertu : « étendons l' amour propre sur les autres êtres nous la transformerons en vertu ». Rousseau pense donc que la justice n'existe que lorsque l'on s'élève à l'amour du genre humain (opposé à l'intérêt particulier et égoïste) -          Cependant, si la justice existe indépendamment des institutions, comment expliquer la pluralité et la diversité des principes de justice établis par les hommes ? Citons Pascal : si chacun connaissait la  justice, « on la verrait plantée par tous les états du monde, et dans tous les temps, au lieu qu'on ne voit rien de juste ou d'injuste qui ne change de qualité en changeant de climat » (Pensées, éd Brunschvig 294) -          Problème : si justice peut être sentie par tous, il n'y a alors besoin que d'éduquer les hommes à l'amour d'autrui, et toute autre institutions (tribunal, assemblée législatrice, école de droit …) est superflue.

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