Sujet : L'interprétation peut elle se présenter comme une science ?
Extrait du corrigé : Le poème, par exemple, ne saurait se prêter à une lecture unique et définitive. Son sens ne peut être clarifié et même éventuellement arrêté que par une décision arbitraire. Dans l'Ion, Platon explique que certains herméneutes privilégiaient à dessein certaines interprétations d'Homère pour des raisons morales et politiques. Par où l'on voit que l'interprétation peut avoir pour fin d'exclure des interprétations concurrentes et donc de chercher à réduire à l'unité les différentes options de lecture. Comment, dans ces conditions, concilier le souci de rigueur de l'interprétation avec la prise en compte de la profusion de sens possibles de son objet ? Socrate explique la relation d'empathie de Ion avec Homère par l'idée d'une « puissance divine ». La question de l'interprétation est ainsi ramenée à celle de l'enthousiasme et de l'inspiration. C'est par l'intermédiaire de cette force, attractive, que l'homme se trouve inspiré par la divinité et qu'il la transmet au spectateur. Désormais expliquée par la possession divine, l'interprétation peut-elle se défendre d'être une activité purement intuitive, irrationnelle? "Connaître c'est toujours entrer en relation avec quelque chose.
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