Sujet : L'individu doit-il avoir peur de l'État ?
Extrait du corrigé : C'est donc bien plutôt l'État qui doit prendre ses précautions contre les débordements des individus, afin que l'ordre politique qui garantit la liberté soit préservé. « Ceci [le salut de l'Etat] nous explique pourquoi dès le commencement de l'histoire, c'est-à-dire dès la naissance des Etats, le monde de la politique a toujours été et continue d'être encore le théâtre de la haute coquinerie et du sublime brigandage, brigandage et coquinerie d'ailleurs hautement honorés, puisqu'ils sont commandés par le patriotisme, par la morale transcendante et par l'intérêt suprême de l'Etat. Cela nous explique pourquoi toute l'histoire des Etats antiques et modernes n'est qu'une série de crimes révoltants ; pourquoi rois et ministres présents et passés, de tous les temps et de tous les pays : hommes d'Etat, diplomates, bureaucrates et guerriers, si on les juge au point de vue de la simple morale et de la justice humaine, ont cent fois, mille fois mérité le gibet ou les galères ; car il n'est point d'horreur, de cruauté, de sacrilège, de parjure, d'imposture, d'infâme transaction, de vol cynique, de pillage effronté et de sale trahison qui n'aient été ou qui ne soient quotidiennement accomplis par les représentants des Etats, sans autre excuse que ce mot élastique, à la fois si commode et si terrible : la raison d'Etat ! » Bakounine, « Fédéralisme, Socialisme, Antithéologisme ». Hegel« Dans un État organisé conformément aux exigences de la raison, toutes les lois et institutions ne sont que des réalisations de la volonté, d'après ses déterminations les plus essentielles. Lorsqu'il en est ainsi, la raison individuelle ne trouve dans ces institutions que la réalisation de sa propre essence, et lorsqu'elle obéit à ces lois, elle n'obéit en définitive qu'à elle même. On confond souvent la liberté avec l'arbitraire ; mais l'arbitraire n'est qu'une liberté irrationnelle, les choix et les décisions qu'il provoque étant dictés, non par la volonté raisonnable, mais par des impulsions accidentelles, par des mobiles sensibles extérieurs. » CITATIONS: « Ce n'est pas la violence qui restaure, mais la violence qui ruine qu'il faut condamner. » Machiavel, Sur la première décade de Tite-Live, 1531 (posth.) « La violence se donne toujours pour une contre-violence, c'est-à-dire pour une riposte à la violence de l'Autre. » Sartre, Critique de la raison dialectique, 1960.
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