Sujet : L'imagination nous détourne-t-elle de l'action ?
Extrait du corrigé : En effet, lorsque je perçois un objet réel, je le perçois comme élément d'un ensemble qui est la réalité totale. Même si je concentre mon attention sur lui, je le saisis comme présent et en continuité avec les autres objets réels, eux-mêmes présents, c'est-à-dire avec le monde. En revanche, quand j'imagine ce même objet, je l'isole des autres et le saisis comme absent. Certes, je sais que cet objet existe réellement, mais en tant que je l'imagine, je le vise là où il ne m'est pas donné. Dès lors je le saisis « comme un néant pour moi ». Ainsi donc imaginer est un acte négatif : c'est poser une thèse d'irréalité, à savoir simultanément isoler et anéantir un objet. Mais poser l'objet comme un néant par rapport au monde, c'est la même chose que poser le monde comme un néant par rapport à l'image. Car « poser une image c'est constituer un objet en marge du réel, c'est donc tenir le réel à distance, s'en affranchir, en un mot le nier ». L'imagination permet donc de se détacher du monde, de le dépasser : sans elle, la conscience serait « engluée dans l'existant ». C'est pourquoi l'imagination est liberté.
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