Sujet : L'imagination n'est-elle que maîtresse d'erreur et de fausseté ?
Extrait du corrigé : «Imagination. - C'est cette partie décevante dans l'homme, cette maîtresse d'erreur et de fausseté, et d'autant plus fourbe qu'elle ne l'est pas toujours, car elle serait règle infaillible de vérité si elle l'était infaillible du mensonge. Mais, étant le plus souvent fausse, elle ne donne aucune marque de sa qualité, marquant du même caractère le vrai et le faux». (Pensées, II, 81)Parmi les facultés de l'homme [voir notion «la conscience»], la raison permet en principe la connaissance objective, mais les hommes cèdent le plus souvent à leur imagination. Celle-ci est d'autant plus redoutable qu'elle ne se laisse pas reconnaître comme telle. Pour échapper à l'imagination, il faudrait raisonner, mais comment puis-je distinguer si je raisonne véritablement ou si j'imagine que je raisonne? Manière de dire que les hommes - y compris ceux qui se croient les plus rationnels - s'entretiennent en permanence dans des illusions qu'ils créent eux-mêmes. Dans la lignée de Montaigne, Pascal met donc en évidence la faiblesse de nos facultés de connaître, ce qui explique que pour lui, l'issue soit dans la foi et non dans la raison.Le texte de Pascal est une bonne référence pour mettre en question les pouvoirs de la raison [voir aussi Sextus Empiricus]. Contre l'optimisme de Descartes, confiant dans les progrès à venir de la science, Pascal déclare «Descartes, inutile et incertain ».
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