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Sujet : l'idée de bonheur personnel suffit-elle à fonder la morale Doit-elle, au contraire, en être rigoureusement exclue

Extrait du corrigé : C'est de ce bonheur que parle PÉGUY dans les vers bien connus : Heureux ceux qui sont morts sur les champs de bataille ! De cette morale aussi nous pouvons dire que si elle ne se dégrade pas en hédonisme, c'est qu'elle implique la morale du bien. Apparemment, elle fixe comme fin à l'activité humaine une fin personnelle : réaliser le plus possible les virtualités que nous avons en nous; nous grandir. Mais en fait il n'est qu'une façon de grandir : se dévouer à plus grand que soi, à un bien. Qu'on ne dise pas que le bien n'est qu'un moyen, la fin restant la grandeur personnelle; car qui chercherait cette grandeur ne l'atteindrait pas et ne manquerait pas de déchoir à la recherche de satisfactions plus basses.L'activité morale étant conditionnée par l'oubli de soi, l'idée du bonheur personnel, aussi épuré qu'on le suppose, ne saurait la fonder. B. Cependant, l'idée du bonheur personnel ne doit pas être rigoureusement exclue. - En effet, seule est exclue la thèse d'après laquelle le bonheur est la fin unique de la vie humaine. Mais on ne saurait condamner celui quoi, plaçant le but de la vie dans le bien, considère le bonheur comme une conséquence inséparable de la recherche du bien et dont la recherche est impliquée dans celle du bien.a) Il n'y a aucune obligation d'exclure l'idée du bonheur et on ne peut rien reprocher à celui qui fait du bonheur la fin secondaire de sa vie : d'une part, en effet, il ne peut être taxé d'égoïsme, puisqu'il fait passer le bien avant toutes choses; d'autre part, le bonheur lui-même, quand il est l'accompagnement d'une vie morale, est un bien puisqu'il réalise l'ordre, la justice demandant que quiconque agit bien soit heureux.

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