Sujet : Les hommes ne vivent-ils que pour satisfaire leurs besoins ?
Extrait du corrigé : De la même façon, l'homme est capable de penser ses besoins, éventuellement de les mettre à distance : le sujet attribue à l'homme une sorte de comportement réflexe à l'égard de ses besoins, qu'il semble falloir refuser. Hegel, Principes de la philosophie du droit « C'est une opinion fausse de penser que l'homme vivrait libre par rapport au besoin dans l'état de nature où il n'éprouverait que des besoins naturels soi-disant simples et où il n'utiliserait pour les satisfaire que les moyens qu'une nature contingente lui procure. Elle est fausse, même si l'on ne considère pas l'élément de libération qui est dans le travail dont on parlera plus loin. En effet, le besoin naturel en tant que tel et sa satisfaction immédiate ne seraient que l'état de la spiritualité enfoncée dans la nature et, par conséquent, l'état de sauvagerie et de non-liberté, tandis que la liberté n'existe que dans la réflexion du spirituel en lui-même, dans sa distinction d'avec la nature et dans son action réfléchie sur elle. » Transition : L'homme peut s'autoriser un rapport complexe avec ses besoins, qui va bien au-delà de la simple recherche de satisfaction, mais, plus encore, il peut mettre à distance certains de ses besoins, les évaluer, les critiquer, se retenir dans leur satisfaction. L'homme se caractériserait donc avant tout par une capacité à ne pas satisfaire ses besoins. III. La capacité humaine à limiter les besoins et le souci de leur satisfaction La philosophie a ainsi, traditionnellement, proposé une morale de limitation des besoins : il ne faut pas satisfaire les besoins naturels avec trop de raffinement, et il faut éviter de se créer des besoins artificiels en plus des inévitables besoins naturels. C'est ainsi que l'homme, s'il veut conduire sa vie le mieux possible, doit chercher non pas à satisfaire systématiquement ses besoins, mais à les régler, à les discipliner, voire à les supprimer lorsque cela est possible. Rousseau « On croit m'embarrasser beaucoup en me demandant à quel point il faut borner le luxe.
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