Sujet : L'homme est-il le seul à travailler ?
Extrait du corrigé : Marx caractérise d'abord le travail comme une action par laquelle l'homme donne forme utile à la matière. Cette action est une transformation par laquelle il « s'assimile » les matières naturelles, c'est-à-dire leur imprime sa marque en les façonnant de telle sorte qu'elles répondent, sous forme d'objets, aux besoins de son corps.À ce niveau, rien ne vient pourtant encore distinguer le travail de l'homme de celui des animaux et notamment des insectes qui, eux aussi, comme l'araignée ou l'abeille, transforment la matière et lui impriment leur marque.C'est pourquoi Marx doit préciser que cette définition donne simplement à l'homme le rôle d'une « puissance naturelle », au même titre que n'importe quel être vivant. Cette définition est donc insuffisante et il s'agit de la dépasser si l'on veut montrer que l'homme seul connaît la dimension authentique du travail.La définition précédente ne ne nous livrait, en effet, qu'un « état primordial du travail » commun aux animaux et aux hommes et convenant aussi bien aux opérations accomplies sous l'effet d'un pur instinct.Ces dernières formes de travail sont primaires ou primordiales car elles développent une compétence purement aveugle, liée à la « programmation » biologique des espèces. L'insecte, en effet, ne se représente pas l'action qu'il a à accomplir avant de l'effectuer, alors que l'homme possède la conscience du but qu'il cherche à réaliser et se représente en idée le résultat qu'il cherche volontairement à produire.Pourquoi dit-on alors que les abeilles ou que les araignées travaillent ? Il s'agit pour Marx d'une comparaison trompeuse, fondée sur une simple ressemblance qui ne doit pas nous abuser, car il existe un abîme infranchissable entre l'instinct et la conscience.
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