Sujet : Un homme raisonnable est-il un homme sensible ?
Extrait du corrigé : Sans doute Bergson ne conteste-t-il pas que sous un certain aspect la morale nous apparaisse comme un système de règles et d'obligations. Il est en effet une morale commune et quotidienne qui se réduit à un ensemble d'habitudes collectives : faire son travail professionnel, ne pas dérober le bien d'autrui, etc. Plutôt que d'obligations transcendantes, il s'agit ici de nécessités sociales. Les règles communes n'expriment rien d'autre que la tendance du groupe à se conserver lui-même. Il s'agit ici de régulations en quelque sorte biologiques propres à ce grand organisme qu'est la société. La morale commune aura par là même un caractère conservateur et conformiste. Chez le citoyen bien discipliné, ce n'est presque plus une obligation, c'est une habitude.Mais aux yeux de Bergson la vraie morale est celle qui s'incarne dans les consciences du héros et du saint. Ceux-là sont des initiateurs qui rompent avec les habitudes du groupe et dans un élan créent des valeurs morales nouvelles. Tandis que pour la psychologie classique, observe Bergson, l'émotion n'est qu'une déroute, qu'un désordre, une destruction de valeurs consécutive à certaines représentations mentales, il faut ici renverser ce schéma : d'abord l'émotion n'est plus conséquence mais source, c'est elle qui donne naissance à des représentations morales ; ensuite et surtout l'émotion n'est plus destruction d'un ordre, mais promotion de valeurs.
Corrigé de 3502 mots (soit 5 pages) directement accessible
Sujets connexes :






Créer un compte Devoir-de-philo
Toutes les notions