Sujet : L'homme est-il naturellement humain?
Extrait du corrigé : Car si l'on considère de plus près les causes pour lesquelles les hommes s'assemblent, et se plaisent à une mutuelle société, il apparaîtra bientôt que cela n'arrive que par accident, et non pas par une disposition nécessaire de la nature. En effet, si les hommes s'entr'aimaient naturellement, c'est-à-dire, en tant qu'hommes, il n'y a aucune raison pourquoi chacun n'aimerait pas le premier venu, comme étant autant homme qu'un autre; de ce côté-là, il n'y aurait aucune occasion d'user de choix et de préférence. je ne sais aussi pourquoi on converserait plus volontiers avec ceux en la société desquels on reçoit de l'honneur ou de l'utilité, qu'avec ceux qui la rendent à quelque autre. Il en faut donc venir là, que nous ne cherchons pas de compagnons par quelque instinct de la nature; mais bien l'honneur et l'utilité qu'ils nous apportent; nous ne désirons des personnes avec qui nous conversions, qu'à cause de ces deux avantages qui nous en reviennent. On peut remarquer à quel dessein les hommes s'assemblent en ce qu'ils font étant assemblés. Si c'est pour le commerce, l'intérêt propre est le fondement de cette société; et ce n'est pas pour le plaisir de la compagnie, qu'on s'assemble, mais pour l'avancement de ses affaires particulières. S'il y a du devoir ou de la civilité en cet assemblage, il n'y a pourtant pas de solide amitié comme vous voyez dans le palais, où diverses personnes concourent, et qui s'entre craignent plus qu'elles ne s'entr'aiment; d'où naissent bien quelquefois des factions, mais d'où il ne se tire jamais de la bienveillance. » HOBBES, De Cive, chap. I, section I De l'état des hommes hors de la société civile III/ Nature de l'homme et condition humaine Enfin, après avoir vu dans les parties précédentes que la nature de l'homme demeurait intimement liée à sa sociabilité, nous tenterons de montrer dans cette troisième partie que l'homme demeure libre dans ses choix et donc dans sa volonté d'agir selon le bien ou le mal, qu'il existe donc une part de responsabilité individuelle dans les actes que l'on accomplit, que ce soit envers soi ou envers autrui.Néanmoins, cette liberté demeure soumise, selon Sartre, non plus à une nature comme ce pouvait être le cas chez Rousseau ou chez Hobbes, mais davantage à sa condition (humaine).
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