Sujet : L'Histoire nous apprend-elle à vivre ?
Extrait du corrigé : .), l'intérêt de la connaissance historique n'est-il pas de mettre en évidence au contraire ce qu'il y a de singulier, d'unique et d'inédit dans le cours des affaires humaines ? Une situation historique est toujours en elle-même originale. Là où l'homme du commun ne voit qu'une guerre ou qu'une crise politique parmi d'autres, l'historien est sensible à ce qui singularise cette guerre par rapport à d'autres, ce qui fait que cette crise de ce pouvoir politique est unique. Les caractéristiques constantes sont toujours des abstractions ; la réalité historique concrète est toujours singulière. Dans la mesure où la culture historienne nous apprend à discerner, dans ce qui se répète, les modalités nouvelles, les aspects inédits, on peut considérer que l'histoire nous apprend à être attentif à ce que le présent a de novateur. L'histoire, loin de nous faire retrouver dans notre siècle ce que d'autres ont déjà connu, souligne ce que chaque siècle a de spécifique : elle permet donc aux hommes d'appartenir à leur époque, de la vivre en étant conscients et peut-être même étonnés de ce qu'ils vivent. Ne pourrait-on pas aller jusqu'à dire qu'elle nous apprend à vivre le présent, à être de plain-pied avec lui ?La prise de conscience, par la culture historique, de la dimension irréductiblement nouvelle du présent ne saurait nous aider à vivre ce que nous vivons. Face à l'inédit, nous nous retrouvons en effet forcément démunis. Nous savons qu'il n'existe aucune recette, que nous ne disposons d'aucune solution toute prête, déjà éprouvée en d'autres temps, en d'autres lieux.
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