Sujet : La formule "je ne crois que ce que je vois" est-elle justifiable ?
Extrait du corrigé : Ce sont là les deux sources d'où découlent toutes les idées que nous avons, ou que nous pouvons avoir naturellement. Et premièrement nos Sens étant frappés par certains objets extérieurs, font entrer dans notre âme plusieurs perceptions distinctes des choses, selon les diverses manières dont ces objets agissent sur nos Sens. C'est ainsi que nous acquérons les idées que nous avons du blanc, du jaune, du chaud, du froid, du dur, du mou, du doux, de l'amer, et de tout ce que nous appelons qualités sensibles. Nos Sens, dis-je, font entrer toutes ces idées dans notre âme, par où j'entends qu'ils font passer des objets extérieurs dans l'âme, ce qui y produit ces sortes de perceptions. Et comme cette grande source de la plupart des idées que nous avons, dépend entièrement de nos Sens, et se communique par leur moyen à l'Entendement, je l'appelle SENSATION. » Pour croire au sens d'attribuer une valeur de vérité, il apparaît nécessaire de se fier à ses sens et donc à l'un d'entre eux qui est celui de la vision : on ne peut et donc on ne doit pas faire l'économie de la vision au risque de croire en des chimères. Transition : Cependant si pour croire il faut impérativement voir à la première personne, cela implique-t-il que l'on ne peut pas se fier au témoignage d'autrui, aux croyances d'autrui ? Cela ne serait-il pas une limite à la connaissance ? « Il ne faut croire que ce que l'on voit » - impératif qui néanmoins limiterait la connaissance 1. Ne croire que ce que l'on voit nous contraint à être prisonnier de notre champ de vision, nécessairement limité C'est ainsi que les prisonniers de la caverne de Platon sont prisonniers de ce qu'ils voient – leur connaissance est donc limitée PLATON, République, livre VII, mythe de la caverne « Figure-toi donc des hommes comme dans une habitation souterraine ressemblant à une caverne, ayant l'entrée ouverte à la lumière sur toute la longueur de la caverne, dans laquelle ils sont depuis l'enfance, les jambes et le cou dans des chaînes pour qu'ils restent en place et voient seulement devant eux, incapables donc de tourner la tête du fait des chaînes ; et encore la lumière sur eux, venant d'en haut et de loin, d'un feu brûlant derrière eux ; et encore, entre le feu et les enchaînés, une route vers le haut, le long de laquelle figure-toi qu'est construit un mur, semblable aux palissades placées devant les hommes par les faiseurs de prodiges, par dessus lesquels ils font voir leurs prodiges.
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