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Sujet : La force, la violence peuvent quelque chose, mais non pas toujours tout (Montaigne)

Extrait du corrigé :   «  -  Je lis dans le livre d'Antelme[1] : « Mais il n'y a pas d'ambiguïté, nous restons des homme, nous ne finirons qu'en hommes... C'est parce que nous sommes des hommes comme eux que les SS seront en définitive impuissants devant nous... Le bourreau peut tuer un homme, mais il ne peut pas le changer en autre chose. » [...] « L'homme peut tout, et d'abord m'ôter à moi-même, me retirer le pouvoir de dire « Je ». Dans le malheur – et, pour notre société, le malheur est toujours d'abord déchéance sociale - , l'homme, frappé par les hommes, est radicalement altéré, il n'existe plus dans son identité personnelle, non seulement tombé au-dessous de la personne, mais au-dessous de toute classe et de tout rapport collectif réel, en ce sens déjà hors du monde, être sans horizon. Et il n'est pas une chose : une chose, même inutile, est précieuse; le déporté n'est pas la chose du SS; quand il travaille en travailleur, son travail lui rend quelque peu le prix d'un homme exploité; mais le déporté essentiel, celui qui n'a plus ni figure ni parole, le travail qu'on lui impose n'est destiné qu'à exténuer son pouvoir de vivre et à le livrer à l'insécurité démesurée des éléments; plus de recours nulle part : au dehors le froid, en lui la faim, partout une violence indéterminée [...] «  - De sorte que, déchu de moi, étranger à moi-même, ce qui s'affirme à ma place, c'est l'étrangeté d'autrui – l'homme comme absolument autre, étranger et inconnu, le dépossédé et l'errant ou, comme le dit René Char, l'homme inimaginable – par la présence duquel passe l'affirmation dune exigence infinie. [...] « Quand l'homme en est réduit à l'extrême dénuement du besoin, quand il devient « celui qui mange les épluchures », l'on s'aperçoit qu'il es réduit à lui-même, et l'homme se découvre comme celui qui n'a besoin de rien d'autre que le besoin pour, niant ce qui le nie, maintenir le rapport humain dans sa primauté.

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