Sujet : La finitude permet-elle de combler les aspirations humaines ?
Extrait du corrigé : - En effet, Schopenhauer montre bien que l'alternative à l'enchaînement des désirs et de leurs réalisations sans cesse incomplète n'est autre que l'ennui mortifère. Le système pénitentiaire de Philadelphie aménage ainsi l'ennui comme punition, conduisant les détenus au suicide : il n'y a pas d'autre alternative entre l'insatisfaction du désir et l'ennui mortifère – à part la voie qu'il nous propose, qui serait d'anéantir la volonté, ne plus rien vouloir du tout (op.cit.). On ne pourrait ainsi, selon lui, combler les aspirations humaines qu'en les effaçant, soit par la mort, soit par l'extinction de la volonté. - Mais on peut douter de la légitimité de la solution schopenhaurienne, qui consiste à « combler » le désir en l'anéantissant. Contre lui, on rappellera ce mot de Nietzsche, selon lequel « la volonté préfère encore vouloir le rien que ne rien vouloir » du tout. Anéantir la volonté, comme le veut Schopenhauer, n'est pas possible : l'homme préfère encore basculer dans le nihilisme, dont Schopenhauer représente précisément l'un des multiples symptômes. - La finitude n'est donc pas simplement, ni essentiellement, ce qui met l'homme en échec et creuse le manque du désir, la mort se heurtant infailliblement aux aspirations humaines. Au contraire, c'est précisément ce hiatus entre la finitude humaine et les aspirations infinies de l'homme qui comble l'aspiration ultime de l'homme : c'est parce que l'existence est finie que l'homme désire encore, qu'il veut encore vouloir.
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