Sujet : Il faut vivre d'abord, philosopher ensuite ?
Extrait du corrigé : La première condition pour pouvoir penser, réfléchir, philosopher, est donc déjà de vivre ; c'est une vérité trop évidente pour qu'il soit besoin d'y insister.C'est, de plus, un fait d'expérience journalière que les exigences de la vie priment celles de la pensée. Ce qui préoccupe l'homme avant tout c'est de vivre ; la plus grande partie de son activité, pour ne pas dire sa presque totalité, est dirigée vers ce but : obtenir de la nourriture, des vêtements, du confort, etc. Pourquoi l'homme chercherait-il tant à gagner de l'argent, sinon pour pouvoir vivre ? Et comment philosopher (et je n'emploie pas ce mot au sens strict, mais même au sens large) si l'on est tiraillé par la faim, si l'on grelotte de froid, si l'on est inquiet pour sa subsistance du lendemain ? Demandez donc à quelqu'un qui vient de dépenser ses derniers sous pour acheter un morceau de pain, à un naufragé qui se débat au milieu des vagues de se livrer à une méditation désintéressée, à un pur jeu de l'esprit. L'homme, quand sa vie n'est pas assurée, ne pense qu'à une chose : comment agir pour ne pas mourir. La première et indispensable condition pour philosopher est donc de ne pas avoir d'inquiétudes au sujet de notre vie quotidienne, sans quoi l'action s'impose à nous, l'action immédiate et totale.C'est ce que confirme l'histoire des peuples. A quel moment assiste-t-on à l'essor et à la floraison de la pensée désintéressée, de la méditation, de la philosophie, de l'art ?
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