Sujet : Faut-il reconnaître quelqu'un comme son maître ?
Extrait du corrigé : Être libre dans sa pensée n'est pas seulement pouvoir penser ce que l'on veut, mais penser ce qui est vrai. Nous devons donc montrer à présent que dans le domaine de la pensée, il ne saurait non plus y avoir de maître. Pourtant c'est là aussi que le maître va changer de visage : d'oppresseur, il deviendra libérateur avec l'apparition du rapport maître-disciple.[1. La pensée ne se reconnaît pas de maître.]Si penser n'est pas un pouvoir qui se délègue, c'est que tout le monde est capable de juger de la vérité et que la vérité n'existe que dans l'épreuve intérieure qu'on en fait. Cela ne signifie pas que tout ce que je pense est vrai, mais que moi seul peut prendre conscience de mes erreurs. Cela ne signifie pas non plus que je ne m'instruis pas auprès d'autrui - à l'école, dans les discussions, dans les livres... - mais apprendre, selon l'image platonicienne, n'est pas remplir une bouteille au robinet d'un tonneau ! Quand, par exemple, j'écoute un maître de mathématiques faire une démonstration, le comprendre n'est pas recevoir passivement ses paroles, mais c'est opérer pour soi le cheminement qu'il fait, en ressaisir la nécessité intérieure, la vérité.On peut certes appeler « maître » celui qui instruit beaucoup.
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