Sujet : Faut-il préférer la vérité à l'illusion ?
Extrait du corrigé : L'exemple du bâton brisé est analysé et discuté par Descartes dans les Sixièmes réponses aux objections adressées aux Méditations. A cette occasion il souligne que l'erreur ne provient pas des sens mais du jugement. « Quand donc on dit qu'un bâton paraît rompu dans l'eau, à cause de la réfraction, c'est de même que si l'on disait qu'il nous parait d'une telle façon qu'un enfant jugerait de là qu'il est rompu et qui fait aussi que, selon les préjugés auxquels nous sommes accoutumés dès notre enfance, nous jugeons la même chose. Mais je ne puis demeurer d'accord de ce que l'on ajoute ensuite, à savoir que cette erreur n'est point corrigée par l'entendement, mais par le sens de l'attouchement ; car bien que ce sens nous fasse juger qu'un bâton est droit, outre cela il est besoin que nous ayons quelque raison, qui nous enseigne que nous devons en cette rencontre, nous fier plutôt au jugement, que nous faisons ensuite de l'attouchement, qu'à celui où semble nous porter le sens de la vue : laquelle raison ne peut être attribuée au sens, mais au seul entendement. » 1.3 La confusion due à l'illusion entre le subjectif et l'objectif. Une des expressions de l'illusion réside dans la confusion entre ce qui est subjectif et ce qui est objectif, autrement dit entre ce qui concerne le sujet et ce qui concerne l'objet. Spinoza dans l'Appendice du livre I de l'Ethique dénonce le finalisme qui a pour origine cette confusion. En effet l'homme tend à rechercher les fins qui régissent ce monde. Il est alors victime de l'anthropocentrisme qui fait que l'homme comprend les choses autour de lui en partant de lui-même ; comme nous agissons toujours en vue d'une fin il doit en être de même pour la nature.
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