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Sujet : Faut-il laisser une place à l'irrationnelle dans la conduite de la vie?

Extrait du corrigé : Il s'imagine avoir inventé raison et bonheur, qu'il identifie au confort, à la tranquillité, au bien-être. Tout mode de vie plus intrépide qui vise au-delà de ces « valeurs » lui paraît insensé et symptôme de folie.Le dernier homme est incapable d'envisager l'avenir autrement que comme l'amélioration et la généralisation de son propre mode de vie : égalité entre les hommes, chaleur du troupeau, sécurité, confort – il ne conçoit rien de supérieur à cela. Toute aventure humaine qui vise au-delà de ces valeurs lui semble risible et digne de l'asile (Zarathoustra leur dit : « Tous êtres jusqu'ici par-dessus eux créèrent quelque chose ; et de ce grand flux vous voudriez être, n'est-ce pas, le reflux, et plutôt que de surmonter l' homme vous préférez encore revenir à la bête ! »).  Il reste que cette découverte - (lorsque l'homme n'en est pas privé par une insertion aliénante de la pensée dans le système signifiant des idéologies de la vie quotidienne inhérentes aux sociétés "unidimensionnelles") - ne s'accomplit qu'au sein de la conscience et de la représentation; et qu'à cette nouvelle conception -structuraliste et matérialiste- de sa propre représentation, c'est encore à l'homme, existentiellement, que se pose la question de donner un sens en l'évaluant.Mais le fait qu'il n'y ait pas de "sens ultime" n'empêche pas, même si "Dieu", en ce sens, est bien "mort", que toute signification, relative et connue comme telle, puisse encore avoir quelque "sens". Si la conscience elle-même n'est qu'un "effet de sens", comme le pensaient les anciens stoïciens, il n'en est pas moins vrai, dans une répétition du sens profond du "cogito" de Descartes, que cet "effet de sens" est le "lieu" existentiel qu'intimement le "je" habite, ... et d'où "je" pense et suis au monde.Ainsi, et quelles que soient les instances profondes où se "structure" pour l'homme, à son insu, quelque chose comme un "sens" différent de celui que la conscience se propose, il n'en reste pas moins que l'homme vit sa destinée existentielle dans l'horizon d'un certain "sens" qui peut aller jusqu'à confiner au "non-sens".Le problème du sens ne fait dès lors plus qu'un avec l'interrogation vécue de chacun sur le "sens de l'existence" et la quête "existentielle" d'une certaine "vérité".

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