Sujet : Faire l'histoire, est-ce juger le passé ?
Extrait du corrigé : Pour lui, la réalité historique est « équivoque et inépuisable ». Valéry dit que l'histoire « justifie ce que l'on veut ». Dans sa richesse hétéroclite, il y a toujours de quoi justifier n'importe quelle position a priori de l'historien. L'historien se projette dans l'histoire avec ses valeurs et ses passions. Il ne saurait survoler l'histoire, la constituer du point de vue de Sirius, car il est homme lui-même, il vit dans l'histoire, il appartient à une époque, à un pays, à une classe sociale. Il est lui-même prisonnier du cours de l'histoire. L'histoire science (l' « Historie » disent les Allemands) est un acte de l'historien et cet acte lui-même un événement historique, il appartient à la réalité historique (« Geschichte »). C'est pourquoi toute science historique, elle-même moment de l'histoire, serait condamnée à une relativité, à une subjectivité irrémédiable : « La conscience de l'histoire est une conscience dans l'histoire. » Ceci exclut toute possibilité de tirer de l'histoire des « leçons ». Car l'historien ne tire pas sa philosophie ou sa morale de ses connaissances historiques.
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