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Sujet : L'EXERCICE DE LA RÉFLEXION SUPPOSE-T-IL LE REJET DE TOUTE CROYANCE ?

Extrait du corrigé : . S'efforcer de devenir chrétien, c'est accepter d'être attisé par la tempête. Toutes les tempêtes. Au fond de cette solitude, de cette souffrance, nulle voix humaine. Il n'y a guère que l'angoisse qui soit une certitude. La foi est à la fois certitude angoissée et angoisse certaine d'elle-même. Croire ou ne pas croire, telle que la question que pose Kierkegaard. La foi est décision, incertitude inhérente au choix subjectif, vérité pour moi : « Il s'agit de trouver une vérité qui soit une pour moi, de trouver l'idée pour laquelle je veux vivre ou mourir ». Puisque l'existence est désespérée (le désespoir naît de l'excès ou du manque de possibilité qui s'offre au moi dans sa confrontation à l'être), la foi est une espérance désespérée envers celui à qui tout est possible: « Espérant contre toute espérance, il crut... » dit saint Paul d'Abraham, le Chevalier de la foi (« Epîtres aux romains ») Elle est un mouvement en vertu de l'absurde, car c'est précisément lorsqu'il n'y a plus de raison de croire qu'elle prend tout son sens et sa valeur. C'est pourquoi la foi ne se prouve pas, elle s'éprouve dans l'épreuve sans que jamais on puisse savoir qu'il s'agit bien d'une épreuve.

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