Sujet : Examinez cette définition de l'intelligence, proposée par Claparède : « La capacité de résoudre par la pensée des problèmes nouveaux ». ?
Extrait du corrigé : D'où les deux faces alternativement éclairées de l'intelligence :- l'aptitude à répondre correctement à une situation donnée,- la conscience qui peut préparer cette réponse ou, en la réfléchissant, la dépasser pour en préparer de nouvelles.Pourtant, d'une part, l'intelligence n'est pas seule à créer de l'adaptation : des conduites automatiques peuvent réaliser des équilibres nécessaires et suffisants entre l'être et le milieu où il doit évoluer; d'autre part la conscience n'est pas toujours -- à beaucoup près - un facteur d'adaptation ou de réussite. Ferment d'inquiétude ou d'angoisse, elle peut, au contraire, apparaître comme la forme même d'une incapacité à réaliser l'équilibre, voire la survie. Aussi serait-il imprudent de définir l'intelligence de façon exclusive par un caractère qui peut lui être commun avec d'autres expressions de la vie. C'est pourquoi, sans doute, rassemblant les deux aspects de l'activité intelligente : l'adaptation réussie et l'effort mental, Claparède, en les limitant l'un par l'autre, propose cette définition : « la capacité de résoudre par la pensée des problèmes nouveaux ». Suffit-elle cependant à représenter clairement tout ce qu'on nomme intelligence ?La formule en cause se laisse décomposer en trois éléments : « capacité-de-résoudre », « des-problèmes-nouveaux », « par-la-pensée ». Le premier terme évoque comme une réserve d'efficacité susceptible de se manifester par une sorte de passage de la puissance à l'acte; le second précise que ce passage a lieu en des situations originales où l'emploi des mécanismes habituels ne suffit pas : dès lors, l'activité efficace procède d'une sorte d'invention, d'adaptation inaugurale; enfin la touche essentielle semble être donnée par le fait que l'acteur, si l'on peut dire, de la solution est désigné : il s'agit de la pensée. Pourtant alors que cette désignation est destinée à écarter toute confusion, à éliminer peut-être d'autres formes d'activité capables, elles aussi, de répondre correctement à des situations, l'emploi de l'expression « par la pensée » ne semble guère a priori tout à fait satisfaisant. Burloud, à propos de cette définition, remarque qu'elle ressemble fort à un cercle vicieux, parce qu'elle contient le mot pensée qui est à peu près synonyme d'intelligence ».
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