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Sujet : Est-il exact que nous assistons a la fin des idéologies ?

Extrait du corrigé :  De telles constatations peuvent aider à définir le paradoxe de la modernité. Destruction et changement, mais aussi ambiguïté, compromis, amalgame : la modernité est paradoxale, elle n'est pas dialectique. Si l'idéologie est un concept typiquement « moderne », si les idéologies sont l'expression de la modernité, sans doute aussi la modernité elle-même n'est-elle qu'un immense processus idéologique.       La modernité n'est pas la révolution, même si elle s'articule sur des révolutions (industrielle, politique, révolution de l'information, révolution du bien-être, etc). Elle est, comme dit Lefèbvre, « l'ombre de la révolution manquée, sa parodie » (Introduction à la modernité). « À l'intérieur du monde renversé et non remis sur ses pieds, la modernité accomplit les tâches de la révolution : dépassement de l'art, de la morale, des idéologies... », on pourrait ajouter : mobilité, abondance, libérations de toutes sortes. Mais elle les accomplit sur le mode d'une révolution permanente des formes, dans le jeu du changement, finalement dans un cycle où se referme la brèche ouverte dans le monde de la tradition. La tradition vivait de continuité et de transcendance réelle. La modernité, ayant inauguré la rupture et le discontinu, s'est refermée sur un nouveau cycle.

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