Sujet : Être raisonnable, est-ce renoncer à ses désirs ?
Extrait du corrigé : Mais, se pose alors la question de savoir si c'est une vie que l'homme est prêt à vivre ? En effet, c'est une vie sans artifices, ni confort, une vie ascétique contraire à celle de l'homme, une vie telle que celle des stoïciens qui disaient « abstiens-toi de gémir et supporte avec fermeté les coups du sort». C'est une vie qui apparaît donc comme une vie difficile, en perpétuel combat contre les désirs qui affluent. C'est une vie dans laquelle on se contente de réaliser ce qui est strictement nécessaire à la vie, ce qui est strictement naturel. C'est une vie que ne veut pas l'homme : c'est un être de désirs. L'homme est effectivement un être de désir pour Spinoza, contrairement à Platon, il refuse de définir le désir à partir de l'objet désiré dont il serait l'expression du manque. Pour Spinoza, le désir est l'essence même de l'homme (ceci est d'ailleurs en désaccord avec Descartes qui pense que l'essence de l'homme est la raison). C'est-ce qui permet à l'homme d'exprimer son degré de puissance, d'exprimer sa propre nature, d'être ce qu'il est, dans une volonté de développement et d'épanouissement de soi. Ainsi, le rapport objet désiré/désir est tout autre. D'après Spinoza, « Ce n'est parce que nous jugeons qu'une chose est bonne que nous la désirons, mais c'est parce que nous la désirons que nous la jugeons bonne».
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