Sujet : L'Etat doit-il se préoccuper de la religion de ses citoyens ?
Extrait du corrigé : Tel est le « christianisme romain », la « religion du prêtre », le christianisme qui s'est réalisé dans l'histoire. A considérer politiquement ces trois sortes de religion, elles ont, dit Rousseau, toutes leurs défauts. La troisième, en opposant dans l'homme le citoyen au croyant, rompt l'unité sociale. En établissant sur la terre un royaume spirituel, Jésus, « séparant le système théologique du système politique, fit que l'Etat cessa d'être un ». La deuxième est mauvaise car, « fondée sur l'erreur et le mensonge, elle trompe les hommes, les rend crédules, superstitieux, et noie le vrai culte de la Divinité dans un vain cérémonial ». De plus elle peut rendre le peuple « sanguinaire et intolérant », de telle sorte « qu'il ne respire que meurtre et massacre, et croit faire une action sainte en tuant quiconque n'admet pas de Dieux ». Reste donc le « vrai christianisme », celui de l'Evangile. Or si cette religion n'a nulle relation particulière avec le « corps politique », il n'en demeure pas moins que « loin d'attacher les coeurs des citoyens à l'Etat, elle les en détache comme de toutes les choses de la terre ». Rousseau affirme ne rien connaître « de plus contraire à l'esprit social ». Une telle religion tend à détruire tout lien social.
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