Sujet : Le doute est il la négation de la vérité ?
Extrait du corrigé : C'est un doute volontaire, un doute « feint », dit Descartes dont la fonction est d'accoutumer « l'esprit à se détacher des sens » (« abducere mentem a sensibus ») et même de tout objet de pensée pour révéler en sa pureté l'acte même de penser. Le doute cartésien a la valeur d'une pédagogie de l'ascèse qui vise à nous délivrer provisoirement des pensées pour révéler que nous avions l'esprit que nous sommes. Le doute cartésien est méthodique (le malin génie n'est lui-même qu'un « patin méthodologique » (Gouhier), c'est une technique mise au service de la recherche du vrai.Le doute cartésien est un doute optimiste et héroïque, un déblaiement préalable qui précède la construction de l'édifice philosophique, une décision volontaire de faire table rase de toutes les connaissances antérieures pour bâtir une philosophie nouvelle.[II - Le doute cartésien : méthode pour accéder à la vérité] Loin d'envisager le doute comme renoncement définitif à la vérité, Descartes suspend radicalement mais provisoirement son jugement. Au doute négatif des sceptiques, il oppose le doute méthodique. Descartes va interroger ses connaissances, faire table rase de tout ce qu'il sait, se méfier des préjugés et chercher sur quoi asseoir la vérité. Mais il insiste bien sur la ponctualité de ce doute : une fois dans sa vie, douter de tout.Ce procédé va permettre d'établir la vérité sur des bases inébranlables : puisque le doute est radical, extrême, la vérité à laquelle il entend parvenir sera elle aussi une vérité indubitable. Le doute apparaît comme une étape nécessaire de la pensée et non un renoncement stérile.
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