Sujet : Désirer, es ce nécessairement souffrir?
Extrait du corrigé : Le désir ne viserait pas un objet ou un autre, mais soi-même dans l'autre. Il serait donc de nature narcissique, même dans l'hétérosexualité. Or, à bien y regarder et à bien écouter l'histoire farfelue d'Aristophane, l'accent est plutôt mis sur la coupure, la division, voire la castration, comme origine du désir. D'où le commentaire de Lacan : Platon a l'air de s'amuser à faire un exercice comique sur sa propre conception du monde, et de l'âme du monde. Le discours d'Aristophane, c'est la dérision du Sphairos platonicien, tel qu'il est articulé dans le Timée (Le Transfert, p. 114). Suit Agathon qui, peut-être par ce qu'il devra se retrouver en position d'objet désiré à la fin du dialogue, tient le discours ampoulé et vide du parfait sophiste. Et il revient, cette fois, à Socrate de s'en moquer. C'était à peu près nul, laisse-t-il entendre, mais que de belles tournures et que de trouvailles rhétoriques. C'est si monstrueusement beau qu'on en a le souffle coupé, au point, dit Socrate, que « j'ai craint qu'Agathon, en finissant son discours, ne lançât sur le mien la tête de ce monstre d'éloquence qu'était Gorgias et ne m'ôtât la voix en me pétrifiant» (p.
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