Sujet : Le désir peut-il être désintéressé ?
Extrait du corrigé : Cette dénonciation de la sexualité (« le grand secret »), en particulier dans le chapitre férocement misogyne des Parerga « sur les femmes et Freud pourra trouver chez Schopenhauer non seulement la subversion du moi et le primat de la sexualité, mais même l'ébauche d'une théorie du refoulement. En perpétuant l'espèce dans l'individu, la sexualité signifie au moi sa propre mort. Les moralistes ont bien vu que la peur de la mort était aveugle, déraisonnable, mais elle ne peut être comprise et surmontée que rapportée au noyau de notre être, au vouloir-vivre indestructible. Là encore, l'illusion est de chercher un principe d'immortalité dans l'indépendance d'une âme raisonnable. Le désir sexuel est faussement désintéressé et libre, l'individu est en proie à des forces plus profondes, dont la volonté, l'intérêt est la survie de l'espèce. Au-delà du caractère en vérité irrationnel du désir, il faut peut être aussi sur l'orientation de ce désir, sur l'usage que peut en faire l'homme et le moyen de le dépasser. 3) La trajectoire du désir de l'intérêt au désintérêt. Dans les dialogues de Platon, la pensée est rythmée par l'alternance d'examens laborieux, moments de dénuement où elle tourne en rond, et d'inventions inspirées, quand se découvre tout à coup par où et comment chercher. L'un commande l'autre : la flamme ne jaillit que si l'on a péniblement frotté le briquet en tous sens ; la compréhension ne surgit que si l'on a d'abord exploré toutes les directions et fait appel à toutes les méthodes (Lettre VII). Ce mouvement est celui, décrit dans Le Banquet, des morts et des renaissances d'Éros, tantôt manquant de l'essentiel, et tantôt plein de ressources.
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