Sujet : La croyance religieuse implique t-elle nécessairement une démission de la raison?
Extrait du corrigé : Mais une telle croyance, toute extérieure à la superstition, « nous élève jusqu'aux cieux ». Le divin que cherche la religion ne serait-il pas, en dernière analyse, notre raison elle-même ? 2. Une raison indépendante de la foi L'exemple de Descartes ■ Descartes entreprend de séparer sans ambiguïté la croyance religieuse de l'exercice de la pensée rationnelle. ■ Il écrit en ce sens qu'il révère les vérités révélées et prétend « autant qu'aucun autre, à gagner le ciel » ; mais, précise-t-il, « ayant appris comme chose très assurée, que le chemin n'en est pas moins ouvert aux plus ignorants qu'aux plus doctes, et que les vérités révélées qui y conduisent sont au-dessus de notre intelligence, je n'eusse osé les soumettre à la faiblesse de mes raisonnements, et je pensais que, pour entreprendre de les examiner et y réussir, il était besoin d'avoir quelque extraordinaire assistance du ciel, et d'être plus qu'homme » (Discours de la méthode, I). ■ Ainsi, la « méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences » afin de devenir maître et possesseur de la nature, n'a aucun rapport avec la foi qui, elle, donne accès au ciel. Fidèle à la religion de sa nourrice, Descartes ne se croit pas tenu de partager ses raisonnements. Dans la sixième partie du « Discours de la méthode » (1637), Descartes met au jour un projet dont nous sommes les héritiers. Il s'agit de promouvoir une nouvelle conception de la science, de la technique et de leurs rapports, apte à nous rendre « comme maître et possesseurs de la nature ». Descartes n'inaugure pas seulement l'ère du mécanisme, mais aussi celle du machinisme, de la domination technicienne du monde.
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