Sujet : La constatation de l'existence du mal dans le monde réagit-elle sur vos convictions et sur votre conduite ?
Extrait du corrigé : Guidé par le principe du meilleur, il porte à l'existence la totalité la plus harmonieuse. Ce qui apparaît aux créatures comme une déficience, comme un mal, comme une imperfection, doit être en vérité compris comme l'élément d'un ensemble : «Ainsi il peut se faire que, dans une construction ou une décoration, on ne choisisse pas la pierre la plus belle, ou la plus précieuse, mais celle qui remplit le mieux la place vide. » Il faut donc comprendre non pas que le mal n'existe pas, que l'imperfection n'existe pas, mais qu'ils permettent la beauté de l'ensemble. La créature, l'homme prend la partie pour le tout. Il est nécessaire d'admettre au contraire qu'« il faut qu'il y ait une raison pour que Dieu permette le mal plutôt que ne le permette pas; or la raison de la volonté divine ne peut être prise que du bien ». « Tout est pour le mieux » ne doit donc pas être compris comme «tout est bien », et la pensée de Leibniz n'a rien d'un optimisme béat. Il ne pouvait rien avoir de meilleur qu'un monde où le péché originel existe. «Dieu permet quelques maux, pour que beaucoup de biens ne soient pas empêchés. » Le mal et le péché ne sont donc que des éléments servant la beauté et l'harmonie de l'ensemble. Mais leur cause essentielle est l'imperfection, la limitation des créatures.
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