Sujet : La conscience de soi est-elle la première des certitudes ?
Extrait du corrigé : Mais cela est-il en notre pouvoir ? Jugeons-nous comme nous le voulons ? Nous savons d'expérience que nous ne sommes pas libres devant la vérité. Ce que je conçois comme vrai, je ne parviens jamais à le juger faux. Je peux tromper les autres, mais pas moi-même. C'est bien là la force de l'évidence. Pas celle des sens, qui peut être abusée, mais celle, proprement rationnelle, qui m'amène - comme le veut Descartes - à reconnaître comme vrai tout ce que mon intelligence conçoit clairement et distinctement. L'idée vraie, disait plus fortement encore Spinoza, s'impose à nous et il n'est pas en notre pouvoir de la refuser à notre gré parce qu'elle s'affirme et se réfléchit en nous en exprimant sa cause et en commandant logiquement des conséquences que nous ne pouvons pas davantage refuser, sauf à retomber dans l'erreur ou dans l'incohérence.De cette force de la vérité, l'histoire des sociétés comme l'expérience la plus ordinaire témoignent suffisamment. Les Princes, les despotes et les tyrans n'y ont rien changé et n'y changeront jamais rien ; «tous les efforts de la violence, notait Pascal, ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu'à la relever davantage».
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