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Sujet : Conscience et morale ?

Extrait du corrigé : et qui témoigne pourtant de la faculté que nous avons, parce que nous sommes doués de conscience, d'opérer ce retour sur soi pour se connaître et se juger. Assez communément, nous nous représentons la conscience comme ce juge intérieur. « Avoir sa conscience pour soi », « en son âme et conscience »... nombreuses sont les expressions qui soulignent cette dimension morale de la conscience et qui mettent en évidence la primauté de cette réflexivité (morale) afin de définir la conscience. Ainsi, le sentiment de culpabilité consiste-t-il à se savoir coupable et à se définir comme ayant été responsable d'une faute : cette conscience de soi morale manifeste semble-t-il plus que toute autre la possibilité d'une connaissance de soi.Pourtant, qu'on l'appelle remords (à distinguer du regret qui est plus large et qui enveloppe les souvenirs des jours heureux, ceux dont nous regrettons l'absence) ou mauvaise conscience, cette conscience morale correspond-elle véritablement à un savoir moral de soi ?Celui qui s'accable de la faute commise se connaît fautif mais, dans le même temps, se méconnaît puisqu'en éprouvant de la mauvaise conscience il s'est engagé sur la voie du rachat, moralement préférable à celle, plus commune, de la « bonne conscience » satisfaite. Cette analyse de la conscience morale nous indique utilement la difficulté, pour la conscience de soi, de valoir connaissance de soi. « La conscience, dit Vladimir Jankélévitch, est à la fois notre image dans le miroir et la buée qui le ternit quand nous nous rapprochons. » À être tropconsciente d'elle-même, la conscience s'obscurcit : son approfondissement n'est pas synonyme de clarté ou de transparence et le moi qui croit se trouver, en réalité, se perd dans le vertige de la conscience réflexive.

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