Sujet : La conscience d'être libre est-elle illusoire ?
Extrait du corrigé : Je suis libre, et je le sais" peut se dire à propos d'une action et pas d'une autre ou, plus généralement, du comportement global. Libre dans mes pensées, libre dans mes actions : ces deux caractéristiques pourraient être d'ailleurs précisées à partir de la distinction du droit et du fait. Réduit en esclavage, et ne disposant d'aucun droit, "je n'en pense pas moins" : je persiste à me révolter intérieurement contre ce qui m'opprime, sauf si, de fait, la résignation a eu raison de mes pensées elles-mêmes. Conscient des contraintes extérieures, je le suis aussi de ma révolte, qui marque ma liberté intérieure. Dans une autre perspective, prenant la mesure de ce que je peux faire concrètement, car la force et la liberté de mouvement dont je dispose me le permettent, j'accède à la conscience d'être libre. La question posée est de savoir si une telle conscience peut, sans que cela implique contradiction avec ce qui la définit, être illusoire, c'est-à-dire relever d'une illusion. Qu'est-ce que l'illusion ? La tromperie propre à l'apparence qui, lorsqu'elle se donne à moi comme ce qui est réellement, m'abuse (latin : illudere, se jouer de). Se demander si la conscience d'être libre peut être illusoire, c'est donc s'interroger sur la portée et la validité de cette conscience : témoignage authentique d'une liberté réelle, ou faux semblant ? L'enjeu d'une telle interrogation est décisif pour l'action elle-même, et la conduite de l'existence : comment agir si l'on se sait d'emblée prisonnier d'une illusion alors même qu'on a la conscience interne d'être libre ?
Corrigé de 1745 mots (soit 3 pages) directement accessible
Sujets connexes :






Créer un compte Devoir-de-philo
Toutes les notions