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Sujet : Se connaître soi-même, connaître les autres. Faut-il voir là deux actes indépendants ?

Extrait du corrigé : La connaissance d'autrui dépend de la connaissance de soi, en ce sens que je suis obligé, pour comprendre les actes d'autrui, de raisonner par analogie, de rechercher dans mon expérience personnelle de la connaissance que j'ai des motifs qui déterminent mes actes, les déterminations des actes de Paul. Si j'avais refusé une cigarette, c'est que... L'interprétation que l'on donne aux actes d'autrui repose sur notre expérience personnelle et subjective à laquelle nous nous référons sans cesse, comme au plus riche champ d'observations que nous connaissions.On ne saurait cependant être trop en garde contre les dangers que présentent une telle méthode. Il est toujours risqué de prêter à autrui les sentiments et les raisons que nous aurions nous-mêmes. Et d'une analogie, voire d'une identité de gestes dans une situation semblable, on ne saurait conclure à une identité de déterminations profondes. Est-ce que je connais Paul, quand j'ai trouvé, moi, une analyse de sa conduite qui me prouve une compréhension; je n'atteins sans doute que le vraisemblable, et l'apport de l'introspection constitue une possibilité de recherche, non de certitude. Lorsque je veux contrôler ma connaissance, je suis de nouveau dans la position d'un observateur.Il découle de ceci que l'introspection ne saurait être suffisante, pour la connaissance d'autrui et qu'il n'est pas possible de se tourner vers soi pour y découvrir tous les hommes. La profonde identité des êtres, le cri du poète « insensé qui crois que je ne suis pas toi » n'a de valeur qu'au prix d'une grande abstraction.

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