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Sujet : Compter sur autrui, compter avec autrui. Cette distinction a-t-elle un sens ?

Extrait du corrigé :   Problématisation :   Nous nous interrogeons sur le sens d'une distinction entre deux expressions qui définissent notre rapport à autrui. Compter sur autrui, compter avec autrui : cette distinction a-t-elle un sens ? En première analyse, et en se contentant d'envisager le problème du simple point de vue langagier, ne semble-t-il pas que cette distinction puisse se ramener au même ? En effet, compter sur et compter avec, n'est-ce pas là la formule de la condition des hommes – êtres doués de raison, calculateurs - qui tentent dans un même mouvement, de prévoir, d'utiliser, et de mettre à profit, les changements – autant les faveurs que les obstacles - de l'autre, -extérieur à la pure intériorité de leur raison -, dont autrui fait partie ? Mais, dans le cas de ce dernier les choses semblent spécifiquement différentes. En effet, autrui n'est-il pas un autre moi-même qui installe dans le calcul une dimension de réciprocité absolument spécifique à l'humanité ? Dans cette optique ne faudrait-il admettre que si je peux compter sur autrui, il doit pouvoir compter sur moi, et que nous devons tout deux compter l'un avec l'autre en ce qui s'agit de l'utilisation de notre liberté pour ne pas compromettre nos interrelations nécessaires ? Mais cette réciprocité ne permet pas de donner pleinement sens à la distinction qui nous occupe puisqu'elle ne lui attribue qu'une valeur pragmatique. Ne faudrait-il nous demander si au contraire, il ne s'agit pas pour l'homme de comprendre s'élevant, à partir de son calcul égoïste - qui aboutit à la nécessité pratique de « ménager » autrui -, à un niveau supérieur de réflexion qui englobe la spécificité de la nature morale de son espèce ? En effet, en étant contraint de compter avec autrui pour pouvoir compter sur lui, ne semble-t-il pas que la nature de l'homme le porte à comprendre son devoir ?

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