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Sujet : Les compétences techniques peuvent-elles fonder l'autorité politique ?

Extrait du corrigé : L'origine de notre erreur ne réside-t-elle pas dans la mécompréhension de ce que signifie réellement l' « autorité politique », et par conséquent dans l'incapacité d'analyser ce qui pourrait être son fondement ?   - Nous avons en effet confondu l'autorité politique avec l' « art de gouverner » ou la « science politique ». Or, la qualité du prince n'est pas de maîtriser une technique quelconque, mais réside dans quelque chose de bien plus difficile à déterminer, que Machiavel appelait virtù (Le Prince), c'est-à-dire une sorte de capacité instinctive à saisir le cours des événements et à affronter la fortuna (destin, hasard). Cette sorte de « ruse » ne s'apprend pas, contrairement à un savoir technique qui peut faire l'objet d'une pédagogie.   - Affirmer que la compétence technique fonde l'autorité politique, c'est en fait se résigner à être gouverné par une technocratie médiocre ne possédant aucun projet politique digne de ce nom. Si les écoles et les concours permettent la constitution d'une classe de fonctionnaires loyaux et efficaces, l'autorité de ceux-ci n'est que de nature bureaucratique, et non pas réellement politique (cf. Max Weber, typologie du charisme dans Economie et société tome II, et Le Savant et la politique, La Découverte, 2003, pp.180-185). Nonobstant son caractère antidémocratique (critique de Bourdieu de la « reproduction des élites »), la bureaucratie doit elle-même être gouvernée par une autorité politique supérieure. Selon Weber, la qualité d'un « chef » politique réside plutôt dans son caractère passionné, c'est-à-dire dans le fait d'être animé par une « cause » qui anime ses actes politiques, tendant ceux-ci vers une fin déterminée (avoir une « vision d'avenir »).

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