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Sujet : Celui qui exerce un pouvoir s'en trouve-t-il changé ?

Extrait du corrigé : La fonction crée, dans cette perspective, la nature propre à l'accomplir. Weber, dans Le savant et le politique, amène l'idée que l'instinct de puissance est naturel chez celui qui exerce le pouvoir, et que ce désir est une force motrice de l'action politique. C'est en exerçant le pouvoir que l'homme politique apprend à concilier ce que Weber nomme l'éthique de la conviction, qui consiste à vouloir faire son devoir, et l'éthique de la responsabilité, qui demande au dirigeant de pouvoir répondre de la conséquence de ses actes. L'exercice du pouvoir ne serait donc pas le résultat d'un savoir préexistant, mais il constitue un apprentissage pragmatique qui change celui qui l'exerce dans la mesure où seul cet exercice lui apprend jusqu'où il peut aller dans l'utilisation de la force. C'est donc en exerçant le pouvoir que la nature d'un homme se transforme en la nature d'un dirigeant capable à la fois de réalisme politique et de responsabilité.               3° L'exercice du pouvoir doit changer les hommes en êtres libres et leur permettre ainsi de réaliser ce qui en eux constitue l'humanité             Nous avons considéré la vertu éducative du pouvoir chez le dirigeant politique. Ne peut-on pas alors penser que cet effet du pouvoir sur la nature de l'homme peut être étendu à tous les citoyens qui participent à la vie politique, et peut non pas seulement créer un bon dirigeant, mais faire accéder les hommes à la liberté qui est inscrite dans leur nature ? Rousseau, dans Le contrat social, pense un contrat dans lequel chaque homme devient à la fois sujet et citoyen en aliénant sa volonté personnelle à la volonté générale. Chacun participe ainsi à la vie politique, et, selon Rousseau, ce passage à une société de droit fait que les hommes ne sont plus gouvernés par l'instinct, comme à l'état de nature, ni par leurs penchants, mais par la raison guidée par la justice et l'intérêt général. C'est en exerçant, par participation au contrat social, ce pouvoir politique, que l'homme passe « d'animal stupide et borné à l'humanité et à l'intelligence ».

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