Sujet : Le bonheur est-il inaccessible à l'homme ?
Extrait du corrigé : Les hommes n'en veulent-ils pas toujours davantage ? N'est-il pas inhérent à l'homme de dépasser toujours sa condition en ne se contentant pas de ce qu'il a ? Et l'on pointera, par delà les différences, l'accord entre l'épicurisme et le stoïcisme. A ce propos : quand ÉPICTÈTE pose comme préalable à tout bonheur éventuel la juste reconnaissance de "ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas", il ne fait que transcrire sur un autre registre les préoccupations épicuriennes : hédonisme ou ascétisme se rejoignent ici plutôt qu'ils ne s'opposent. Stoïcisme: Le bonheur est la maîtrise de ce qui dépend de nous La source de tout bien et de tout mal que nous pouvons éprouver réside strictement dans notre propre volonté. Nul autre que soi n'est maître de ce qui nous importe réellement, et nous n'avons pas à nous soucier des choses sur lesquelles nous n'avons aucune prise et où d'autres sont les maîtres. Les obstacles ou les contraintes que nous rencontrons sont hors de nous, tandis qu'en nous résident certaines choses, qui nous sont absolument propres, libres de toute contrainte et de tout obstacle, et sur lesquelles nul ne peut agir. Il s'agit dès lors de veiller sur ce bien propre, et de ne pas désirer celui des autres ; d'être fidèle et constant à soi-même, ce que nul ne peut nous empêcher de faire. Si chacun est ainsi l'artisan de son propre bonheur, chacun est aussi l'artisan de son propre malheur en s'échappant de soi-même et en abandonnant son bien propre, pour tenter de posséder le bien d'autrui. Le malheur réside donc dans l'hétéronomie : lorsque nous recevons de l'extérieur une loi à laquelle nous obéissons et nous soumettons.
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