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Sujet : Action et pensée ?

Extrait du corrigé : La monade, écrivait Leibniz, est « un automate incorporel qui n'a ni porte ni fenêtre et dont tout l'être est de tendre ». Par là il représentait le principe même de l'activité comme fondement de l'être. En somme s'il n'existait qu'une tendance, l'inclination qu'elle figurerait ne manquerait pas de se réaliser. En fait l'homme, dit-on, est un faisceau de tendances dont les diverses combinaisons représentent à la fois la matière et l'obstacle à ses actions véritables, conscientes, c'est-à-dire concertées, voulues.L'action dispose donc, ou plutôt doit s'accommoder d'un arsenal d'activités qui révèlent un automatisme naturel et acquis, dont la présence semble correspondre à quelque forme d'adaptation, à des habitudes prises dans des situations typiques de l'existence des espèces ou des individus. Mais l'action ne va pas sans jugement, quels que soient la rapidité, le caractère intuitif qu'elle fasse alors paraître. Par là, agir c'est constamment percevoir et s'adapter, se jeter, si l'on veut, à corps perdu en des mouvements où cependant le corps ne cesse de se sauver. C'est ainsi que le langage confond réflexe et jugement-réflexe, comme le montre bien l'appréciation portée, par exemple, sur un bon conducteur d'automobiles.Perception et adaptation, jugement quasi immédiat : voilà qui apparaît dans une forme d'activité caractéristique de tout ce que l'action comporte de structures ordonnées et qui ne cessent de s'organiser mieux, de se schématiser; cette manière d'agir fondamentale, c'est le jeu. Le jeu, (par lequel les jeunes êtres essaient, en quelque sorte, et, ,en même temps, accroissent leurs forces), est un phénomène-type dans lequel on se donne à des situations auxquelles il faut constamment faire face, en déployant toute l'habileté, la souplesse, la décision dont on est capable.

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