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Sujet : Ne doit-on tenir pour vraie une proposition que si elle est contrôlable par une expérience ?

Extrait du corrigé : b) La métaphysique cartésienne. Descartes, mathématicien lui-même, admire « ces longues chaînes de raison, toutes simples et faciles, dont les géomètres ont coutume de se servir pour parvenir à leurs plus difficiles démonstrations ». Il conçoit donc sa philosophie (au sens large de science ou connaissance de la réalité) sur le modèle d'une pensée essentiellement démonstrative. Mais les propositions que sa raison enchaîne de façon déductive tiennent d'abord leur vérité d'une expérience originaire qui donne à la première proposition, dans l'ordre de la connaissance, une valeur de vérité « évidente », indubitable. Le cogito (je doute, je pense, je suis) n'est pas une proposition comme les autres : en elle, je fais l'expérience de ma propre réalité, de la nature de ma conscience ; et de cette expérience inaugurale, je peux déduire des propositions qui, ainsi fondées en vérité, seront nécessairement vraies, même si elles ne sont pas toutes directement contrôlables par des expériences. c) La critique kantienne. En contestant la vérité du premier principe de la philosophie cartésienne (« la conscience de soi-même n'est pas encore, il s'en faut, une connaissance de soi-même »), Kant tient la métaphysique cartésienne pour une construction purement rationnelle qui ne peut être tenue pour vraie : à une telle construction, la raison peut toujours opposer d'autres constructions qui la contredisent. D'où « l'embarras » de la métaphysique, cette « connaissance spéculative de la raison tout à fait isolée et qui s'élève au- dessus de l'expérience par de simples concepts » (Préface de la seconde éd. de la Critique de la raison pure). L'histoire de la philosophie est une véritable « arène » où nul ne l'emporte jamais.

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