Sujet : La délibération réfléchie, en déterminant notre choix, abolit-elle notre liberté ?
Extrait du corrigé : « Se déterminer » peut être soit un verbe réfléchi, soit un verbe pronominal. « Se tuer » se dit du désespéré qui se tire un coup de revolver dans la tempe; mais il se dit aussi de l'alpiniste qui a fait une chute mortelle. Ou encore, d'Un malade à toute extrémité on dit qu' « il se meurt », c'est-à-dire que la maladie achève son oeuvre. Si ce sont les motifs qui nous déterminent, le verbe « se déterminer » ne doit-il pas être pris dans une acception pronominale comme synonyme du passif « être déterminé », non par soi-même, pas par une force supérieure à soi P Dans ce cas, il n'y a plus de liberté. Les motifs et la liberté. L'infinitif « se déterminer », que LITTRÉ classe parmi les verbes réfléchis, n'est peut-être qu'un verbe pronominal, car il est difficile de concevoir le dédoublement par lequel on se déterminerait soi-même; du moins n'est-il pas l'équivalent d'un verbe passif, car je ne suis jamais aussi actif que lorsque je me détermine. Mais comment puis-je me déterminer activement si ma détermination est due aux motifs ou aux raisons? Pour répondre à cette difficulté, il suffit de réfléchir aux différences essentielles qui distinguent 'les motifs ou les raisons qui conditionnent la liberté des causes ou des forces qui nécessitent. , Dans une grande mesure, les motifs sont l'oeuvre de la liberté. Sans doute, il est au-dessus du pouvoir de l'homme libre de faire que ce qui est blanc lui paraisse noir, que l'ivresse ou la calomnie se transforment en actes de vertu.
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