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Sujet : Le génie de l'artiste exclut-il tout apprentissage technique ?

Extrait du corrigé : Peut-on me l'enseigner et puis-je l'apprendre ? Évidemment oui : par un exercice pratique, on peut acquérir une habileté suffisante, voire, avec beaucoup d'entraînement, une dextérité exceptionnelle. Le but de l'apprentissage d'un métier manuel est de faire acquérir cette habileté nécessaire, même à ceux qui n'en sont pas naturellement doués. Reste que, à habileté égale, un artisan pourra inventer de beaux objets quand d'autres ne seront capables que de les exécuter, de les reproduire, de les imiter même parfaitement. Même ici, l'habileté, la dextérité manuelle, n'est pas prépondérante : tel artisan ou tel artiste pourra produire des oeuvres supérieures en beauté à celle d'un autre avec une habileté moindre que celle de ce dernier. Or cette aptitude à produire le beau, ce que l'on nomme génie, ne paraît pas, elle, pouvoir s'apprendre. Le génie ne peut s apprendreLe génie ne s'enseigne pas. Kant nous fait bien comprendre cette spécificité irréductible du génie en comparant l'artiste au savant : « Newton pouvait non seulement pour lui, mais pour tout autre, décrire clairement, et déterminer pour ses successeurs, les démarches qu'il eut à faire depuis les premiers éléments de la géométrie, jusqu'à ses grandes et profondes découvertes ; mais aucun Homère, aucun Wieland ne pourrait montrer comment ses idées riches en poésie et pourtant lourdes de pensées surgissent et s'assemblent dans son cerveau, car lui-même ne le sait pas et il ne peut donc l'enseigner à un autre. En matière de science par conséquent il n'y a entre le plus grand inventeur et l'imitateur, l'apprenti le plus laborieux, qu'une différence de degrés, mais il y a une différence spécifique entre lui et celui que la nature a doué pour les beaux-arts ; on ne veut pourtant pas diminuer ces grands hommes auxquels l'humanité doit tout, par rapport à ceux qui par leur talent pour les beaux-arts sont des favoris de la nature. Le talent des premiers consiste à faire progresser toujours davantage les connaissances, et les avantages pratiques qui en dépendent, comme à instruire les autres dans ces mêmes connaissances et c' est là une grande supériorité sur ceux qui méritent l'honneur d'être appelés des génies ; pour ceux-ci l'art s'arrête quelque part ; il a ses limites qu' il ne peut dépasser, qu' il a sans doute atteintes depuis longtemps et qui ne peuvent plus être reculées ; de plus, une telle maîtrise ne peut se communiquer, elle est dispensée directement à chacun par la main de la nature ; elle disparaît donc avec l'un jusqu'à ce que la nature confère à un autre les mêmes dons ; et il ne reste plus à celui-ci que d'avoir un modèle pour laisser se manifester de semblable manière le talent dont il a conscience » (Critique du jugement, § 47, trad.

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