Sujet : Y a-t-il un sens à parler de pratiques contre nature au sujet de l'homme ?
Extrait du corrigé : Freud l'a bien montré. En analysant la sexualité infantile, et en découvrant chez l'enfant une disposition perverse polymorphe, Freud a beaucoup contribué à dissocier la sexualité humaine de la fonction de reproduction, qui est la finalité à laquelle obéit aveuglément l'instinct. La sexualité adulte, qui unit deux personnes de sexe opposé, est certes organisée autour de la zone génitale; elle est au service de la reproduction de l'espèce. Mais elle n'est pas le terme obligé d'un développement naturel. C'est la société qui désigne à la pulsion sexuelle le partenaire de l'autre sexe comme le «bon objet». La pulsion peut connaître d'autres destins ; elle peut notamment rester fixée à un stade de la sexualité infantile (à telle partie du corps, par exemple). S'il y a des perversions sexuelles, celles-ci ne sont donc pas contre nature. La nature humaine ne contient aucune norme en matière de sexualité. C'est la société qui encourage la relation hétérosexuelle et génitale adulte, voyant dans l'auto-érotisme, l'inceste, l'homosexualité des pratiques contraires à la bonne intégration sociale de la sexualité. Dans le cas de l'inceste, où nous serions tentés plus que jamais de prononcer le verdict d'une pratique contre nature, Lévi-Strauss a indiqué que c'était une pratique prohibée universellement dans toutes les cultures, au point qu'on peut considérer son interdiction comme la frontière entre l'humanité et l'animalité.
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