Sujet : Y a-t-il un temps pour philosopher ?
Extrait du corrigé : Ainsi dans la réflexion du philosopher, le philosophe se saisit dans sa finitude par contraste avec l'éternité des concepts auxquels il aspire. Philosopher apprend à se savoir mortel. Et si philosopher est apprendre à se savoir mortel, le temps de la philosophie est la condition de possibilité du temps réel et matériel de l'homme fini, parce que dans le mouvement d'élévation de la philosophie tendant à l'eidos se révèle l'infinie différence qui me détermine comme appartenant au monde du devenir. Il y a un temps pour philosopher, et ce temps est celui par lequel le sujet philosophant s'ouvre au monde en tant qu'il est dans le temps [Heidegger]. Le temps pour philosopher conditionne la possibilité du temps, la possibilité du devenir ; il est ce temps dont la finalité ne lui est pas extérieure comme une activité qui trouverait hors de soi la justification de son utilité, un temps qui est sa propre fin mais qui est au fondement de tous les autres temps mondains. III. Le temps de la philosophie Cette circularité autotélique du temps de la philosophie est la récapitulation du déploiement temporel du concept dans le monde du devenir. Et comme toute récapitulation, le temps de la philosophie est celui de l'après-coup rétrospectif : “ l'oiseau de Minerve s'envole à la tombée de la nuit ” [Hegel]. Ainsi le temps du philosopher se situe dans l'espace intermédiaire séparant le surgissement de l'événement dans son irrationalité (l'événement non encore informé par le concept) et la clôture dans le sens rationnel qu'est la récapitulation philosophique [E. Weil].
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