Sujet : Peut-il exister une pensée inconsciente ?
Extrait du corrigé : Etre moral, c'est comprendre que je suis l'auteur de mes actes, mais une vision sommaire de l'inconscient façonne les mentalités modernes, tend à nous faire idolâtrer notre passé, notre enfance, nos forces instinctuelles, notre libido. Ce contre quoi Alain réhabilité la maîtrise de soi, la volonté libre et réfléchie. En soulignant que l'homme est l'auteur de ses actes et de ses choix, l'auteur des « Propos sur le bonheur » nous invite à une reconquête de nous-mêmes et de nos choix. Sartre dans « L'Être et le Néant » a prolongé remarquablement ces analyses en dénonçant l'abdication de nos responsabilités sous le concept de « mauvaise foi » qui ne peut se comprendre qu'à partir des postulats de la translucidité de la conscience, de son autonomie et de sa liberté. Ce mode d'être inauthentique qualifie l'attitude du « salaud » qui se donne bonne conscience à bon prix, le fait de la conscience qui se masque à elle-même sa propre vérité. Néanmoins, pour intéressante qu'elle soit, la thèse d'Alain présente certaines difficultés. Le mérite de Freud était d'apporter du sens à toutes nos représentations: le rêve, les actes manqués, la libre association devenaient intelligibles, cohérents dans et par la biographie de l'individu. Selon les vues d'Alain, à l'inverse, parole, geste et acte qui échappent à ma conscience, ne possèdent pas de signifiance et ne relèvent que de mécanismes naturels, de processus physiologie. Alain dépouille une certaine partie de notre existence et de notre vécu du sens fondateur qui l'informe pour la rattacher à l' »en-soi» dépourvu de toute signification. Cette opacité, cette massivité semblent dérober un fondamental sens à l'exister et à la praxis humaines.
Corrigé de 4931 mots (soit 7 pages) directement accessible
Sujets connexes :






Créer un compte Devoir-de-philo
Toutes les notions