Sujet : Que pensez-vous de l'âme des bêtes?
Extrait du corrigé : C. Développement. - Citer brièvement et avec le plus de précision possible, les faits sur lesquels on s'appuie. Éviter le danger, imminent dans cette dissertation, de conter des anecdotes et de faire de la littérature à propos de l'esprit des bêtes; ne pas composer des scènes, des tableaux de genre; oublier, s'il se peut, qu'on connaît les fables de La Fontaine. Ne pas donner dans le genre sentimental, surtout ne pas raconter l'histoire du chien qui va mourir sur la tombe de son maître. Être simple, sobre, précis. Enfin, interpréter les faits en toute liberté, et, ainsi que le comporte la question, dire ce que l'on pense, en le fondant sur ce que l'on sait. DOCUMENT Enfin il n'y a aucune de nos actions extérieures qui puisse assurer ceux qui les examinent que notre corps n'est pas seulement une machine qui se remue de soi-même, mais qu'il y a aussi en lui une âme qui a des pensées, excepté les paroles, ou autres signes faits à propos des sujets qui se présentent, sans se rapporter à aucune passion. Je dis les paroles, ou autres signes, parce que les muets se servent de signes en mêmes façon que nous de la voix ; et que ces signes soient à propos, pour exclure celui des fous, qui ne laisse pas d'être à propos des sujets qui se présentent, bien qu'il ne suive pas la raison ; et j'ajoute que ces paroles ou signes ne se doivent rapporter à aucune passion, pour exclure non seulement les cris de joie ou de tristesse, et semblables, mais aussi tout ce qui peut être enseigné par artifice aux animaux ; car si on apprend à une pie à dire bonjour à sa maîtresse, lorsqu'elle la voit arriver, ce ne peut être qu'en faisant de la prolation de cette parole devienne le mouvement de quelqu'une de ses passions ; à savoir, ce sera un mouvement de l'espérance qu'elle a de manger, si l'on a toujours accoutumé de lui donner quelque friandise lorsqu'elle l'a dit ; et ainsi toutes les choses qu'on fait faire aux chiens, aux chevaux et aux singes, ne sont que des mouvements de leur crainte de leur espérance, ou de leur joie, en sorte qu'ils les peuvent faire sans aucune pensée. Or il est, ce me semble, fort remarquable que la parole, étant ainsi définie, ne convient qu'à l'homme seul.
Corrigé de 2678 mots (soit 4 pages) directement accessible
Sujets connexes :






Créer un compte Devoir-de-philo
Toutes les notions