Sujet : La pitié est-elle une vertu ou une faiblesse ?
Extrait du corrigé : Il importe que ce guerrier perpétuel qu'est l'homme ne se laisse point aller à se laisser fléchir. Pardonner ce serait renoncer. La pitié est une déchéance : l'on s'abaisserait à « se faire mouton » tandis que l'on est lion. Ce serait incompréhensible et d'ailleurs ridicule. 2. La pitié peut d'ailleurs conduire à des actions injustes ; c'est une maîtresse d'erreurs et de fausseté, capricieuse et contingente comme toute l'affectivité ; elle est « contagion d'une souffrance sentie ou supposée en autrui », et l'on ne sait plus, dans un phénomène de fusion ou de confusion aussi totale, distinguer ce qui sert de ce qui dessert autrui ; elle exclut le rôle de l'obligation, de la rationalité, de la justice ; elle refuse de se laisser justifier, motiver. Ce n'est donc point une donnée éthique, mais bien mystique. Aussi n'est-il pas étonnant de lire sous la plume de Schopenhauer que la pitié nous plonge au coeur du « grand mystère de l'éthique ». Est-ce encore de la morale ? 3.
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