Sujet : La science rend-elle la philosophie inutile ?
Extrait du corrigé : « Les questions que la science exclut par principe, observe Husserl, sont les questions qui portent sur le sens ou l'absence de sens de toute existence humaine. » Quel est donc ce principe, ou plutôt quels sont -ces principes par lesquels la science rejette des questions qu'elle considère comme « philosophiques » ? Ce ne sont pas en réalité des principes immuables : ils varient selon les diverses sciences et leurs divers états. Ainsi l'épistémologie positiviste d'A. Comte avait .voulu fixer à deux les principes fondamentaux de la science : le premier était que la science ne porte que sur les phénomènes et non sur la nature ou l'essence des choses ; le second, que la science renonce à saisir le mode de production des choses, c'est-à-dire la causalité, pour ne considérer que les lois. En d'autres termes, la science a pour but de lier entre eux les phénomènes, de les déterminer les uns par les autres, non de les « expliquer », l'explication relevant de « l'état théologique » ou de « l'état métaphysique ». Mais le développement même de-la science a invalidé ces principes, puisqu'il apparaît qu'elle est nécessairement conduite à expliquer causalement les lois qu'elle a établies, et à rendre compte de la production des phénomènes à partir de modèles théoriques des structures sous-jacentes aux phénomènes, comme c'est le cas pour la physique nucléaire. Le néo-positivisme contemporain (l'empirisme ou le positivisme logiques des penseurs du Cercle de Vienne) a également voulu établir une césure fondamentale et insurmontable entre problèmes philosophiques et problèmes scientifiques en posant que les énoncés de la science se ramènent d'une part à des protocoles vérifiables d'expériences et d'autre part à des tautologies, c'est-à-dire à des énoncés logico-mathématiques, donc purement formels, qui ne disent rien sur les phénomènes mais définissent les lois des transformations opérables sur eux. Les problèmes « métaphysiques » sont des faux problèmes issus de l'inconsistance des « syntaxes grammaticales » des langages ordinaires.
Corrigé de 4345 mots (soit 6 pages) directement accessible
Sujets connexes :






Créer un compte Devoir-de-philo
Toutes les notions