Sujet : DÉSIR ET VOLONTÉ ?
Extrait du corrigé : Ricoeur cette « docilité du corps » est pour une grande part « une conquête". Développer sa volonté c'est étendre le plus possible les pouvoirs naturels de ce corps. C'est pourquoi on recommande pour combattre la timidité et développer la volonté, d'apprendre à nager, à courir vite, à danser, à lutter et aussi (car notre corps doit s'ajuster aux techniques inventées par l'esprit humain) à manipuler les rames, à conduire les automobiles. Car si «le passage mystérieux de la pensée à l'action est déjà opéré" dans l'organisation du corps il nous appartient d'assurer à l'incarnation de nos vouloirs une plus grande souplesse et un domaine plus vaste. L'ensemble de nos habitudes et de nos savoir-faire formera la « volonté constituée", point d'appui de la « volonté constituante ».Aussi bien Condillac lui-même - qui est responsable de cette confusion de termes entre désir et volonté que nous avons dénoncée - accepterait peut-être ces remarques puisqu'il n'y a de volontaire, il le reconnaît, que le désir réalisable, puisque la volonté est, selon lui, « un désir absolu et tel que nous pensons qu'une chose désirée est en notre pouvoir ».Mais un désir exclusif, même réalisable, ne mérite pas le nom de volonté.L'impulsion d'un désir tout-puissant est d'ordre passionnel plutôt que volontaire. L'homme qui est la proie d'un violent désir est un obsédé, victime, aurait dit Renouvier, d'un « vertige mental » et pas du tout un homme de volonté. En réalité tout le monde tiendra pour homme de volonté celui qui résiste à ses désirs.
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