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Sujet : Y a-t-il de faux désirs ?

Extrait du corrigé : On aura beau lui répéter qu'il a tort, qu'il perd son temps, qu'il se trompe dans l'estimation de ce qu'il désire (qu'il s'agisse d'un individu ou d'un objet), on constate qu'il ne change pas. Que le désir soit ainsi insensible à l'argumentation, même rationnelle, pourrait souligner qu'il est en lui-même irrationnel, et d'autant plus soucieux de se maintenir que le sujet qui en est la « victime » en connaît le mal-fondé.Un tel reproche lui est adressé depuis Platon : lié avant tout au corps, indifférent à la vérité, le désir nous égarerait dès que nous y succombons. C'est donc en lui que serait la source de notre aveuglement, parce que, faux par nature, il ne pourrait diffuser que de l'erreur. Ce reproche confond cependant le désir et son objet : comme « vécu », le désir ne peut être ni vrai ni faux, il est, tout simplement. Et les valeurs logiques de vérité ou de fausseté peuvent sans doute s'appliquer à ce qu'il vise, mais non à son existence.[B. Désir et nature]Dans la classification des désirs et des plaisirs qu'ils prétendent apporter, les épicuriens sont d'ailleurs plus subtils : certains désirs leur paraissent tout à fait légitimes, et ceux qu'ils condamnent le sont en raison du caractère superflu et « faux » de ce qu'ils visent. En tenant compte de la nécessité (pour la vie du sage) et de la naturalité du désir, on peut en effet distinguer trois catégories dans les désirs : ceux qui, étant naturels et nécessaires (à la survie, au sens d'abord biologique), doivent être satisfaits (mais ils sont pauvres : manger et boire, frugalement, dormir, sans confort) ; ceux qui, naturels mais non nécessaires (manger, boire, dormir avec un certain « luxe ») ne doivent être satisfaits que très prudemment, sans que puisse en naître l'habitude ; enfin les désirs qui, ni naturels ni nécessaires (tous les autres relatifs au social, au paraître), doivent être fuis. En se fondant sur une nature qui leur sert de modèle, les épicuriens définissent les règles d'une vie ascétique qui leur paraît « morale », et qui empêche sans doute l'homme de se lancer dans une quête interminable de plaisirs « superflus ».

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