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Sujet : Comment justifier le respect d'autrui ?

Extrait du corrigé : La pitié joue un autre rôle, particulièrement pratique et « terre-à-terre » (loin du « sublime » de la raison). Elle est le sentiment sur lequel, dans le début d'une réflexion (puisqu'à partir d'elle se forge une formulation qui dégage un principe), peut se construire « utilement » (mais sans la perfection, qui relève de la raison) une maxime. On sait qu'une maxime est le principe (subjectif) que le sujet se donne lui-même pour règle dans sa manière d'agir. La maxime se formule généralement de manière impérative, sur le mode du « Fais ceci de telle ou telle manière, de telle sorte que... ». Rousseau épouse cette approche, que l'on trouvera plus tard sous la plume de Kant. Ici, Rousseau, dans son expression, (« Fais ton bien avec le moindre mal d'autrui qu'il est possible ») tient compte à la fois de l'amour de soi-même (« Fais ton bien »), formulation qui renvoie à un inévitable égoïsme, et l'amour d'autrui (« le moindre mal... »). Le mouvement de la pitié va vers autrui (deuxième partie de la maxime) mais il vient de nous, et ne peut alors s'opposer à nos propres intérêts : « Fais ton bien » (première partie de la maxime). Dès lors, la pitié est tension entre le mien et le tien, sorte de synthèse dialectique (bien que le terme, à la résonance hégélienne, soit anachronique) qui satisfait l'intérêt non égoïste du nous.

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